Prière tardive

Publié le par Laurageai

Laisse-moi, mon Seigneur, m’accrocher à ta robe,

Quand mon âme dans l’ombre perd le fil de tes pas,

Car elle est dure à suivre la voie qui mène à l’aube,

De ce grand jour promis qui ne finira pas.

 

Et qu’au terme du soir, dans ma barque en partance,

Les épines et l’ivraie trop souvent récoltées,

Se couvrent à la fin de ma sotte existence

Des fleurs inattendues de mes dernières années.

 

Que la plaisanterie, si brève et si amère,

S’achève dans la paix, la joie et le silence,

Comme elle a commencé, au temps de mon enfance,

Quand chaque instant vécu reflétait ta lumière.

 

Quand mon cœur sous le ciel cherchant à s’élargir

Contemplait la splendeur de l’univers secret

Dont le violent appel déjà l’étourdissait

D’abyssale douceur, de silencieux désir.

 

Qu’il  est donc lourd ce corps que nous laissons sur terre

Qu’il  est dur à quitter ce trop pesant manteau,

Détrempé de nos larmes et souillé de poussière

Et collant à notre âme comme une vieille peau.

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