Les chants perdus 2: la création orale du chant populaire russe

Publié le par Laurageai

Loukeria Andreïevna Kosheleva
Et bientôt, à la suite de l'accordéon, nous parviennent d'on ne sait où des chansons de jeunes filles. D'où viennent-elles? On ne le devinera jamais. Mais elles sont toujours les mêmes, séculaires, dans leur si agréable harmonie, et charmantes justement en ceci qu'elles sont éternelles, immuables; Elles arrivent d'on ne sait où, mais nous apportent toujours leur séculaire joie de vivre sur cette terre. Le chagrin, la faim, le froid, les larmes, la méchanceté, cela ne manque pas! Mais voilà que nous parviennent ces sons vivifiants, éternels, immuables, ils planent comme le chant de l'alouette. Cette chanson est immuable, au début, pour le petit enfant, ensuite pour le jeune homme, et enfin pour le vieillard. L'homme était enfant, il est devenu vieillard, et l'alouette reste la même, elle se cache toujours dans un rayon de soleil, dans la profondeur de l'air lumineux et chante la même éternelle, immuable et joyeuse chanson. La chanson populaire est de la même manière immuable et éternelle, et elle nous parle de la force invincible, inextinguible de la vie, nous restitue cette joie de vivre, habitée par un son qui ne vieillit jamais, un son éternellement, immuablement jeune.
G. I. Ouspensky La création orale du chant populaire russe
Ce texte me paraît très complémentaire de celui de Joseph Canteloube et permet de mesurer, en ce qui me concerne avec un profond chagrin et un sentiment de honte devant mes ancêtres, ce que nous avons perdu d'essentiel avec ce chant éternel brusquement interrompu.
A noter qu'avec les chants éternels, c'est l'alouette elle-même qui risque aussi de disparaître...
Chant de berger du nord. Emission de Starostine sur le folklore

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