Le tyran de la création et ses souffre-douleurs.

Publié le par Laurageai

Sur Actuanimaux, (http://www.actuanimaux.com)  un chat déchiré par un harnais, tout mouillé, lamentable, trouvé et confié à la SPA de la Guadeloupe. Plus tard, le même, recousu, séché, encore mal assuré sur ses pattes, avec des yeux qui restent terriblement apeurés. Et le commentaire de quelqu’un qui connaît bien les îles : le chat a probablement été utilisé par des types qui pratiquent la pêche au gros. Ils prennent des chiens, des chats, pour attirer les requins, et utilisent même, à la place de harnais, de gros hameçons. Et comme d’habitude, je me demande comment on en vient à faire des choses pareilles et à les trouver normales. Cette épouvante, dans les yeux de ce chat, n’est pas une expression d’animal. C’est celle d’une créature qui a vu le diable. En Russie, chez une bénévole, on m'avait montré une chatte devenue folle après avoir assisté au massacre atroce de ses chatons. Dans la nature, il arrive que des petits soient dévorés, et même si leur mère en souffre, elles ne perd pas la raison. Peut-on se représenter ce qu'a vu cette bête, pour qu'elle y ait laissé la sienne?

 Un chiot yorkshire adopté par une bonne âme. Elle l’a trouvé sur la route, dans un état pitoyable, de nombreuses fractures. Il reste, au bout de dix ans, terrorisé par les pieds des gens. Qui peut acheter un minuscule yorkshire à seule fin de lui filer des coups de pieds ? Des ânes, des chevaux, battus, mal nourris puis envoyés à l’abattoir. Combien de créatures traitées comme des souffre-douleurs ou de simples marchandises, dont toute la vie n’est qu’un long, atroce cauchemar, qui naissent uniquement pour souffrir ? Et cela depuis la nuit des temps. Cette souffrance énorme, inconcevable, cosmique. Et cette méchanceté proportionnelle terrifiante, abyssale. Quand j’y pense, cela me donne le vertige. Les amis des animaux, sur ce site, ont un parfois un discours  assez niais. D'une part ils se répandent en exclamations mièvres, s'adressant à des animaux qui ne peuvent ni les lire ni les entendre, comme s'il s'agissait d'enfants, tantôt ils réclament des châtiments pour les bourreaux, que fait la justice, que fait l’Etat ? Comme si la répression allait être la solution radicale, comme s'il y avait moyen de tout résoudre par des lois. Oh bien sûr, il faut que la peur du gendarme fasse son effet, sinon, c’est encore bien pire. Mais c’est sans issue définitive, du moins sur le plan étroitement  social. Il y a toujours des victimes, animales ou humaines, comme cette pauvre petite si jolie qu’un pervers a violée, assassinée, découpée en morceaux. Un chauffeur de taxi, me commentant l’affaire, me décrivait tous les sévices qu’il conviendrait de faire subir à l’assassin. Mais mon Dieu, quel étripage si les braves gens se mettaient tout à coup à massacrer tous ceux qui nuisent autour d’eux par méchanceté, bêtise, irresponsabilité, où cela s’arrêterait-il ? Ainsi va le monde. J’ai grande compassion des animaux, et de plus, je sais pertinemment que leurs bourreaux feront aussi bien, à l’occasion, la même chose avec les gens, comme cela s’est déjà maintes fois produit. Dieu n’a pas voulu cela, mais où se situe le bug ? L’auteur de « les icônes et le Cosmos », Michel Quenot, semble penser, comme moi, qu’on ne peut le placer à un moment donné de l’histoire de la vie. C’est à cause du bug, que l’histoire de la vie a pris ce tour et le garde. Alors tout cela s’est passé dans quelque   dimension préexistante inimaginables ? Cela dépasse mes facultés de conception. Et ce qui nous attend après la mort ou le second Avènement m’échappe tout autant. Je suis à l’affût de toutes les réflexions qui concernent ce thème, et serais heureuse qu'on m'en fît part.  J’étais saisie de crainte, devant les icônes, ce matin. Je me disais que nous étions de trop insignifiantes créatures pour le destin qui nous est offert et la responsabilité que l'on nous donne. Que Dieu me pardonne… Et pourtant, sans Dieu, comment supporter de vivre dans un monde pareil ? Et comment passer par dessus toutes ces atrocités pour s'émerveiller encore et pour consoler et aimer envers et contre tout?

Dieu n'a pas fait de l'homme le roi de la Création pour qu'il se permette n'importe quoi avec ses créatures.

Publié dans le meilleur des mondes

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